Les retraites britanniques ne valent tout simplement pas la superannuation australienne
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Ce billet sort de l’ordinaire pour moi, parce qu’il n’a rien à voir avec mes coups de gueule habituels sur la tech et les startups.
Quand tu fais ton plan financier, que tu achètes une maison ou que tu penses simplement à ton avenir, tu tombes forcément sur le sujet des retraites. Au Royaume-Uni, le système ressemble à celui des États-Unis. Tu verses dans une cagnotte retraite, et à la retraite tu puises dedans. En Australie, ça s’appelle la Superannuation, et ça marche un peu autrement.
Les différences clés
Cotisations patronales obligatoires
Au Royaume-Uni, l’employeur doit verser 3 % de ton salaire dans ta cagnotte retraite. Mais pour que ça arrive, tu dois en mettre 5 % toi aussi.
En Australie, il doit verser 11 %, puis 12 % à partir de juillet 2025.
Stratégies d’investissement et rendements
Les fonds australiens adoptent souvent des stratégies orientées croissance. Ils imitent des fonds d’investissement classiques, ou en sont carrément la copie.
Les pensions britanniques à cotisations définies (Defined Contribution) sont souvent placées dans des fonds peu risqués et peu rentables. La raison : le fournisseur de la pension répond de la performance du fonds. S’il choisit un fonds risqué et que ça s’effondre, c’est lui qui paie les pertes.
Frais
Les fonds australiens coûtent en général moins cher que les pensions britanniques. Ils sont souvent gérés par de grandes institutions financières, qui peuvent se permettre de rogner sur leurs frais.
Systèmes de fonds par défaut
Il n’existe pas de fonds par défaut au Royaume-Uni. L’Australie a MySuper, qui garantit que tous les fonds restent compétitifs.
Choix
En Australie, tu choisis ton fonds de superannuation. Au Royaume-Uni, c’est ton employeur qui choisit à ta place.
Tu peux t’en retirer, mais tu perds alors les 3 % de cotisation patronale.
Portabilité et regroupement
En Australie, tu peux regrouper tes fonds de superannuation dans un seul compte. Chaque fournisseur propose un outil très simple, via l’ATO, qui retrouve tous tes comptes de superannuation et les regroupe en un seul.
Au Royaume-Uni, tu ne peux pas le faire tant que tu restes dans ton poste. Une fois parti, tu ne peux regrouper ces fonds qu’au moins 10 semaines après avoir fait la demande.
Des impôts, encore des impôts
S’il y a une chose en trop au Royaume-Uni, c’est bien l’impôt. L’IHT et l’impôt sur les pensions sont les pires coupables, parce que je crois qu’ils taxent deux fois un argent déjà taxé. Tu paies 45 % d’impôt sur tes revenus, puis 45 % de nouveau pour les transmettre à tes enfants.
Regarde ça…
J’ai tout mis dans un tableau pour que tu voies les différences.
| Super australienne | Pension britannique | |
|---|---|---|
| Cotisations obligatoires | 11 % puis 12 % | 3 % (sur un total de 8 %) |
| Répartition | 11 % employeur, 0 % salarié | 3 % employeur, 5 % salarié |
| Rendement annuel typique | 7-8 % | 4-6 % |
| Fonds par défaut | « MySuper » garantit un choix compétitif | Aucun |
| Frais | 0,5-1 % | 1-2 % |
| Âge de la retraite | 60+ | 66 puis 68 |
| Avantages fiscaux | 15 % pendant l’accumulation, 0 % à la retraite | Allègement sur les cotisations, imposé au retrait |
| Retrait | 0 % imposé | 25 % exonéré, 75 % imposé |
Pourquoi c’est important
Le Royaume-Uni peine avec une population vieillissante et un système de retraite inadapté. Ce dispositif n’arrange rien.
Quand tu arrives dans une entreprise britannique, elle choisit un fournisseur de pension pour toi, et il est généralement nul. Tu ne peux pas en changer sans l’accord de ton entreprise, et elle refuse la plupart du temps. Les frais sont élevés, les rendements faibles, et le tout est un joyeux bazar.
À noter : j’ai remarqué beaucoup de comportements anticoncurrentiels au Royaume-Uni déguisés en bureaucratie. Ce pourrait être un exemple de plus, mais je n’en suis pas certain. On dirait qu’ils te font miroiter 5 % pour te garder dans une pension choisie par ton employeur, ce qui sent le terrain idéal pour le pot-de-vin.
Annoncer sa rémunération au Royaume-Uni
Les employeurs annoncent des « salaires de base », c’est-à-dire ce que tu touches avant impôts, hors primes. Les pensions ne sont pas mentionnées.
En Australie, on dit en général « Package total, super comprise » ou « Salaire de base + super ». La raison : l’employeur a l’obligation légale de verser 11 % en plus de ton salaire de base sur ton compte de superannuation.
Ça doit changer
Ce système est tout bonnement absurde. Je renonce en fait à 5 % de mon salaire net de base pour que mon employeur verse la maigre somme de 3 % dans une cagnotte retraite que je n’ai même pas choisie.
Ma pension britannique affiche une performance annualisée de 7 % sur 5 ans, bien au-dessus de la moyenne. Mais ma superannuation australienne en affiche 10,05 % sur la même période. L’écart est énorme.
Je suis extrêmement confiant que, dans le pire des scénarios, j’aurais assez d’argent dans ma superannuation australienne pour prendre une retraite confortable. Au Royaume-Uni, je n’en suis pas si sûr.
Pour finir
Le système de retraite britannique est décevant, restrictif et coûteux. Si les responsables politiques ne le réforment pas, les jeunes générations auront du mal à prendre leur retraite, tout simplement.